Franz-Olivier Giesbert – Le Fait Politique

Franz-Olivier Giesbert Voici un coup de coeur un peu spécial, étant donné qu’il pourrait entrer aussi dans la catégorie coup de gueule.

Il s’agit de l’édito de FOG (Franz-Olivier Giesbert) diffusé ce matin sur RTL. Ce gars est toujours à contre-courant du politiquement correct qui s’y trouve actuellement dans le monde journalistique, bref il mérite le coup de coeur :)

L’édito de ce matin avait pour sujet le peu de mobilisation pour Mama Galledou, jeune étudiante actuellement entre la vie et la mort suite à l’incendie d’un bus dans lequel elle s’y trouvait samedi dernier.

Je vous laisse écouter le podcast de l’édito de FOG. Vous pouvez aussi lire le transcript en cliquant sur le lien « lire la suite ».

Si peu de mobilisation pour Mama Galledou
Mama Galledou, 26 ans, Française d’origine sénégalaise, est toujours entre la vie et la mort après avoir été brûlée à 62% dans l’incendie criminel d’un bus, samedi soir à un arrêt du quartier Saint-Jérôme, dans le XIIIe arrondissement de Marseille. Vous trouvez qu’on ne parle pas assez d’elle.

Non ! Il suffit qu’un jeune, fût-il délinquant, soit blessé par un flash-ball ou molesté par un CRS, et aussitôt les associations, les bonnes consciences ou les indignés professionnels se mobilisent contre la police. Il ne faut pas s’en plaindre : un pays comme le nôtre, qui dit avoir inventé les Droits de l’Homme, a besoin de garde-fous, de vigies et de protestataires. Ce qui étonne, c’est le silence assourdissant de toutes les grandes âmes à propos du crime commis contre Mama Galledou. Où sont passés les Thuram, les Noah, les Joe Starr et tous les Crésus du rapp et du football ? Les avez-vous entendus dire un mot de compassion à la famille de Mama Galledou ? Non. Comme si il y avait désormais dans ce pays deux poids, deux mesures. Comme si ce qui était arrivé à cette jeune fille était, sommes toutes, normal. Comme si les méchants étaient toujours d’un seul côté, la police. Nous vivons dans l’ère de l’indignation sélective.

- Mais Franz-Olivier, la classe politique a condamné ces actes. Je me souviens avoir entendu Laurent Fabius traiter les incendiaires de « salopards »…
Oui, ici même à cette antenne et Laurent Fabius a, en effet, trouvé le mot qui convenait et qui vaut largement le mot de « racaille », un mot qui avait fait scandale l’an dernier. Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, qui a raison de dire qu’il ne faut pas politiser cette histoire, a dit quelque chose, évidemment, de très juste : les politiciens qui ont sauté sur l’occasion pour bouffer du Sarkozy, ne se sont pas grandis. Mais ce n’est pas la classe politique qui est en question dans cette affaire, c’est toute la « bien pensance » de la jet-set défiscalisée qui donne des leçons sur les banlieues depuis ses paradis fiscaux.

On aidera les jeunes des cités en leur parlant vrai, en les sortant de leur logique victimaire. C’est pas moi qui le dit, c’est l’excellent rappeur Diziz la Peste, un homme courageux qui réfléchit à contre courant. Il est donc temps d’en finir avec la démagogie et d’appeler un chat un chat, c’est-à-dire de traiter de criminels et en criminels les incendiaires du bus de la ligne 32, de la régie des transports de Marseille. Même s’ils n’ont pas l’âge de la majorité légale, ces adolescents n’ont aucune excuse.

- Mais une fois qu’on a dit cela, Franz-Olivier, qu’est-ce qu’on peut faire de plus ?
Dire notre solidarité. Imaginez un peu ce qui se serait passé si la police avait été mêlée de près ou de loin à cette affaire. La colère, les cortèges.. Il y a bien eu une petite manifestation de amis de Mama à la Faculté Saint-Jérôme de Marseille. 250 personnes sans les grandes stars habituelles. Jusqu’à présent, rien de plus. Or, s’il ne touche pas les jet-setaires de la cause des banlieues, le drame de Mama Galledou, marseillaise d’origine sénégalaise a ému les français. Mama, une étudiante modèle diplômée en nutrition ; Mama, une jeune fille de 26 ans, joyeuse, bien notée et sans histoire ; Mama, l’incarnation vivante d’une intégration réussie brûlée à 62 % par des imbéciles qui ont mis le feu au bus où elle se trouvait ; Mama, victime expiatoire de la haine et de la bêtise. Nous sommes tous suspendus à son souffle et nos coeurs battent au rythme du sien.

Chronique disponible sur RTL.fr

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2 Comments on "Franz-Olivier Giesbert – Le Fait Politique"

  1. John
    03/11/2006 at 5:28 Permalink

    Je ne puis être que d’accord avec ce qu’il dit. Société de merde qui ne fait que traquer des bourreaux qui essaient souvent de faire régner aussi le "bien".

  2. Sarkozy
    15/10/2007 at 18:33 Permalink

    a John -> tu blogues à uneh eure drôlementn matinale ;)

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